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J’ai baigné dans une culture Arabo-berbère,  je me suis intéressée à la culture Antillaise par amour et par métissage, je suis follement amoureuse de la culture Indienne … trois tendances qui rendent mon quotidien si riche et si coloré ! Mais je ne vous ai jamais parlé de ma quatrième culture dans laquelle j’ai baigné étant petite à travers un écran cathodique, et plus exactement de son cinéma.

L’Égypte, à la croisée de l'Afrique, de la Méditerranée et du Moyen-Orient, elle a toujours exercé une grande fascination sur les hommes, pays des pyramides, l’une des plus  grandes civilisations au monde où le nil caresse ses villages les plus authentiques, terre où cohabitent toutes les religions sans haine ni mépris, une culture partagée entre son passé et le développement… Elle est aussi le troisième producteur de films après Bollywood et Hollywood. 
Le septième art n'y est pas un apport récent des décolonisations.  En 1896, les cafés avaient déjà leur projection animée, et en 1917, il y avait déjà 80 salles de cinéma en Égypte, et en 1930, apparaît le son et ainsi le premier film parlant Égyptien.  Les films sont de tous genres, de la comédie musicale avec Muhammad Abd al-Wahhab, Oum Kalsoum, Farid El Atrache, ChadiaAbdelhalim Hafed, Layla Murad, Sabah …au mélodrame, du comique au romantique car les histoires d’amour ne manquent pas !! 
Puis dans les années 50, on assiste à un cinéma plus Républicain qui renforça la qualité du cinéma Égyptien. La littérature demeure une source d'inspiration principale, notamment avec les œuvres de Naguib Mahfouz, celles de Tawfiq al-Hakim ou de Taha Hussein. Petit à petit, le cinéma se développe avec des histoires d’ordre social, politique et culturel marquant la vague de changement durant les années 70, avec la mort du Président Nasser.

Jamais un tel cinéma n'a gardé le cap malgré la concurrence, les faits sociaux et politiques. Grâce à lui et à la chanson, le dialecte du Caire est devenu pour l'ensemble arabophone une langue comprise de TOUS. La culture Egyptienne est devenue ainsi la deuxième culture adoptée par tous ceux qui se sont baignés dans son cinéma.

Il en est de même de son théâtre où scénario, chant et danse font un très beau mariage.

Voici une vidéo de la célèbre danseuse du ventre, Fifi Abdou qui a su garder le style authentique de cette dance. Juste vêtue d'une "Jebala" légère qui ne gâche en rien ses formes et son déhanché sensuel!

 

Tout comme j'aime son cinéma, je suis friande de sa cuine alliant les styles Perse, Africain, Indien, Turque, Libanais... On peut goûter des légumes frais à chaque repas (concombre, oignon, tomates...), au vinaigre (petit concombre, aubergine, olives...), en sauce comme les gambos et les épinards, le célèbre Foul (fèves), Falafel. Des viandes diverses farcies, grillées, en kebab, en râgout avec une cuisson lente et douce ou à la vapeur. Des fruits tels que la mangue, le tamarin, la pastéque, le melon... une consommation inépuisable de riz et de pain presque à tous les repas, les oeufs, les beignets... du café aux épices, du thé à la turque...  Et pour mon grand plaisir, une variété inépuisable d'épices et d'herbes les plus surprenantes, savez-vous par exemple que l'Egypte possède son propre mélange de curry?
Elle est aussi une cuisine de rue avec une grande variété de snacks ou de plats à déguster sous le pouce comme le célèbre Kochari, un des plats vraiment traditionnels !

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J'ai profité de la visite de ma soeur pour faire ce plat familial. Elle m'a raconté ce plat dégusté lors de son voyage en Egypte l'année dernière, ainsi que d'autres spécialités très connues par les amateurs du cinéma Egyptien.
J'ai trouvé la recette sur un superbe site autour des voyages :
Un monde ailleurs. Pour le réaliser, j'ai suivi les conseils de ma soeur qui a trouvé le résultat vraiment authentique et bon!!

Pour 4 à 6 personnes

2 verres de riz
1 verre de spaghettis coupés en 4
1 verre de cheveux d'ange
1 verre de pâtes minestronne (à défaut des coquillettes)
1/2 verre de lentilles (vertes ou blondes)
1/2 verre de pois-chiche trempées la veille
Sel, poivre moulu, cumin moulu, paprika, piment moulu,

Garniture :
3 oignons et un peu de farine
Bain d'huile

Sauce :
1 boîte de coulis de tomates
3 gousses d'ail
1 c. à café de vinaigre
Sel, poivre, piment moulu
Huile

Commencer par la sauce qui doit mijoter tout doucement, faire chauffer un peu d'huile, ajouter l'ail émincé. Verser le coulis de tomates puis les épices et le vinaigre, laiser mijoter sur feu moyen.

Faire cuire les pois-chiche jusqu'à ce qu'elles deviennent fondantes, égoutter
Faire cuire les lentilles puis égoutter
Il n'est pas recommandé d'utiliser les lentilles et les pois-chiche en boîte car ils sont fragilles lors de la confection du plat et surtout depas très goûteux.

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Emincer les oignons en fines lamelles, les passer dans la farine et retirer le surplus.
Les faire frire dans un bain d'huile pour qu'elles soient croustillantes. Egoutter sur du papier absorbant et réserver.

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Dans une marmite, faire chauffer l'huile et ajouter les cheveux d'ange, les faire revenir jusqu'à ce qu'elles deviennent brunes et croustillantes, surveiller la cuisson et émlanger avec une cuillère en bois.

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Ajouter le riz en pluie, mélanger et arroser d'eau au bout de deux minutes.

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Faire cuire les pâtes (spaghettis et minestronne) dans de l'eau bouillante et un peu salée, égoutter.

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Dès que le riz et les cheveux d'ange sont cuits, ajouter les pâtes, les pois-chiche et les lentilles.
Remuer d’un geste ample pour ne pas écraser les éléments
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Ajouter les épices en poudre et remuer de nouveau délicatement, maintenir sur feu moyen trois minutes.

Au moment de servir, disposer une louche de kochari bien chaud sur une assiette creuse, verser quelques cuilères de sauce (selon le goût) et couvrir d'une poignée d'oignons frits.
Déguster bien chaud.

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Et une petite dernière...

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