19 novembre 2008
Tlitli, spécialité Algérienne à base de pâtes
Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas proposé des plats maghrebins, pourtant ce n'est pas les recettes qui manquent. Aujourd'hui, je vous emmène à l'est de l'Algérie en frontière avec la Tunisie, où les plats à base de pâtes sont trés appréciés et nous cachent de belles découvertes. En effet, cette région du Magrheb cuisine pas mal de pâtes aux formes différentes qui ne ressemblent pas à celles que l'on connait en France mais que l'on trouve dans certaines régions d'Italie, sans doute la colonication de la Tunisie par les Italiens y est pour quelque chose!!
Les pâtes, souvent de petites formes, sont préparées à la vapeur tel du couscous traditionnel. Un mode de cuisson qui donne un résultat ferme (al dente) et goûteux grâce à l'absorption de la sauce au moment de servir, mais qui demande cependant un peu de temps devant soi et la connaissance de certaines astuces.
On arrose les pâtes d'une sauce dite "blanche" ou "rouge". La différence entre les deux sauces demeure uniquement dans l'ajout de tomates à la préparation; la sauce blanche n'en contient pas alors que la rouge est composée de concentré de toamtes. On accompagne souvent les pâtes d'une viande au choix, soit du poulet, de l'agneau ou du boeuf en morceaux ou en boulettes de kafta. Il est même classique de servir deux ou trois types de viande pour le même plat.
D'autres ingrédients peuvent s'ajouter aux préparations comme les oeufs durs, les pois-chiche, certains légumes ... des variantes selon les régions et les familles.
Le Tlitli à la sauce blanche est un plat qui réunit la famille, les amis et les voisins. Il leur offre sa jolie couleur dorée, son aspect brillant son odeur chaleureuse (n'est-ce pas Pascale ?)

D'après le superbe blog "Culinary delights", que je visite et revisite toujours avec un gros appétit. Vous trouverez la recette de Kaouther ici. J'ai fait mon tlitli qu'avec du poulet, vous pouvez ajouter de la viande rouge et des boulettes de kefta dans la sauce.
Ingrédients :
Pour 4 personnes
Temps total : 1h à 1h30
500 g de langues d'oiseau
4 cuisses de poulet avec le haut
1 gros oignon
1 bol de pois chiche trempés la veille
1 c. à soupe de ghee ou à défaut du beurre doux
Sel, poivre, 1 bâton de cannelle, pincées de curcuma ou safran
Huile
Note 1: Le ghee (buerre clarifié) porte le nom de Smen en Algérie, ça n'a rien à voir avec le Smen Marocain qui est un beurre très ranse.
Note 2 : On trouve aisément ces pâtes "langues d'oiseau" dans les épiceries arabes, italiennes ou turques.

Clic sur les photos pour les agrandir
Réalisation :
Dans la bas du couscoussier, mettre à chauffer un peu de ghee ou du beurre. Ajouter l'oignon émincé, la viande et les épices, laisser mijoter quelques minutes. Ajouter les pois-chiches, mélanger puis couvrir de 2L d'eau chaude (du robinet). Placer le haut du couscoussier et laisser frémir pendant toute la cuisson des pâtes.
Disposer les pâtes dans un grand saladier, les enduire d'un filet d'huile. Placer dans le haut du couscoussier et laisser précuire à la vapeur 15 minutes environ.
Reverser les pâtes dans le saladier, saler et asperger d'environ 1 verre à thé d'eau chaude. Mélanger puis replacer dans le haut du couscoussier et compter 15 minutes de cuisson.
Faire de même pour la troisième cuisson mais en arrosant de deux bonne louche de bouillon à la place de l'eau. laisser absorber puis remettre sur le feu encore 15 minutes.
Compter 3 à 4 fois le passage à la vapeur en fonction de la qualité et de la quantité de vos pâtes.
Retirer la viande et les pois-chiche du bouillon, réserver dans une assiette. On garde le bouillon.
Dans une marmite, verser le tlitli (les pâtes), couvrir de quelques louches de bouillon et maintenir sur feu vif pour que ça séche au départ, diminuer ensuite le feu et mélanger doucement pour que le bouillon soit absorbé complétement.
Pendant ce temps, faire revenir légérement la viande dans un mélange de beurre et d'huile pourqu'elle prenne une jolie couleur dorée (Merci Kaouther pour ce conseil)
Dresser le tlitli dans un plat assez creux. Disposer la viande, les pois-chiche au centre et les oeufs durs coupés en deux ou en quatre.
Je souhaite accompagner mon billet d'aujourd'hui d'un poème de Nassira Tolba, en dédicasse à ma voisine Intissar, Canstinoise nostalgique de sa ville.
Constantine
Ô Constantine!
Crois-moi, je ne sais comment annoncer
Sentinelle montant la garde de l'année,
Femme fatale vêtue en blanc dominant l'univers
Ou femme rebelle repoussant tout acte d'autorité? !
Le chemin tracé sur les cimes des rochers antiques,
À tes pieds témoigne le Rummel de l'histoire tragique,
Orne ton corsage en colliers de perles magiques
À tout instant présent pour te chérir à l'heure romantique.
Constantine!
Que la paix soit pour toi! Le nom de ta religion l'indique,
Tu as percé mon cœur avec la célèbre plume de l'Imam.
Unicité, fraternité, fierté de l'Islam.
Sur les plaques de pierres, je lisais l'histoire défunte,
Savants célèbres disparus, sûrement pas oubliés.
Ils t'ont promis la liberté avant de te laisser
Pour te mettre à l'abri contre les mains des inconnus.
Ô Constantine!
Jadis fut détruite par les différentes colonies.
Aujourd'hui sculptée en édifices préférés.
Jeune sereine comme les larmes d'un enfant prématuré.
Sur les stèles funéraires, c'était le temps de la guerre,
Je murmurais des versets aux paroles divines,
J'aimerais être près de toi un jour de ma vie,
Un rêve comme un autre n'est pas interdit.
Quand j'entends ta voix, ta mélodie
Le chagrin pesant mon cœur s‘atténue.
Constantine !
Ici c'est la saison des pluies.
Les arbrisseaux effeuillés par un geste infidèle;
Pétales et feuilles se balancent en déployant leurs ailes,
Les rues ne sont plus que des déserts inutiles.
Je dis même tout est balayé d'un geste rude et hostile,
Les plaines de narcisses deviennent des endroits d'asile,
Je désire quitter ce pays qui pleure sans arrêt.
ô Constantine !
Ici la nature n'a pas les couleurs d'ailleurs,
Même les cieux ne sont pas charmeurs,
Les minces rayons du soleil ne sont qu'éphémères,
Souriant au jour à chaque éclat de lumière.
Quand le soleil descend peu à peu vers la terre,
Les gris du ciel se heurtent aux écumes de la mer,
Je m'assieds en haut des monts calcaires,
Là ! Je reste des heures à contempler l'instant crépusculaire.
Mes regards s'éloignent au-delà de l'horizon du soir,
Mes yeux s'alanguissent, se fanent dans le noir,
Je crie ma peine au profond de moi-même.
L'eau jaillit des fontaines romaines qui ne sont plus les mêmes.
Constantine !
Ici les rameurs fredonnent le refrain de la triste mélodie
Suivant les pistes de la paisible symphonie.
J'aimerais être près de toi un jour de ma vie,
Un rêve comme les autres n'est pas interdit,
Je désire quitter ce pays qui pleure à l'infini.
Ô Constantine!
Réponds à mon appel je t'en prie,
Ici c'est la saison des pluies
Je sais que là-bas la saison fleurit,
Où, tout s'éveille à la dernière heure de nuit !
Seule, je revis les moments que j'avais vécus,
Un rêve nostalgique que je refuse de partager;
Quand je pense à toi, j'invente des histoires
Pour alléger l'insupportable poids de la peine
Constantine!
La rivière de diamants retentit autour des chevilles,
Des roseaux ondoyés, courtisés et effleurés ;
Aux odeurs du temps et de la terre,
Témoigne encore le Rummel de notre destinée.
D'un geste mimique vient te choyer au réveil,
Toi, endormie dans ton profond sommeil.
En attendant, j'observe un musée qui s'éveille.
Ô Constantine!
Vous passeurs ! Passez doucement je vous implore !
Laissez-moi l'admirer le temps me dévore.
J'ai envie d'écrire des poèmes lyrique encore
J'aimerais peindre ton visage saint et incolore
J'aimerais que le soir demeure au-delà de l'aurore.
Constantine!
Toujours, tu dormais comme un ange heureux,
Sans être réveillée par le fracas des passants orgueilleux
Je chantais pour toi une berceuse de minuit,
À l'aurore, au coucher, qu'importe le temps choisi!
Les ponts ceignent la magie du paysage inouï
Tes paroles fleurissent dans l'esprit,
Ton cœur m'appelle pour me donner son habit.
Ô Constantine !
Réponds à mon appel, je t'en prie!
Sur les portes, je lisais les versets au nom d'Allah
Les vers des poètes aux pieds résistants,
Un proverbe, une citation d'un philosophe
Je ne sais de quelle contrée.
L'écho du chant surgit des entrailles du Rocher
Le palais évoque la clef du poète meurtri,
Disparu pour la liberté de mon pays.
Constantine!
Je sais que tu m'appelles! …
Je voudrais t'offrir le paradis
Je voudrais réciter des odes entre tes mains
Si j'étais riche, je bâtirais un foyer pour les orphelins,
Je bâtirais un culte religieux pour les gamins
Où je graverais à jamais le nom d'Allah au fil de soie! …
Ô Constantine!
Quand je pense à toi! …
Je m'interroge, Qui suis-je cette fois! ?…
Un vieillard branlant de fatigue et de froid?
Ou un poète égaré qui ne retrouve plus sa voix?
Constantine!
Les brumes submergent mon cœur et m'isolent de toi.
Loin des regards impulsifs de la Cité bruitée.
J'entends les cris des ressacs déchaînés
S'arrachent mon poème pour l'emporter.
Loin de toi, ma vie est agonie,
Seules, les larmes restent mes amies.
Sur la pointe des pieds,
Je retourne à la Belle-de-Mai,
Juste des soupirs... sans rien dire...
Sans même mon qalam pour écrire
Ô Constantine!
Réponds à mon appel je t'en prie... !
Extraits du recueil "Le Cri du Cerisier"
Editions Media Plus - 1997
Commentaires
Ca c'est du costaud !!!
A picorer sans modération :)
Je vois que c'est assez lignt côté épices.
ça à l'air délicieux et c'est vrai qu'il y a très peu d'épices! je n'ai jamais cuisiné ces pâtes les langues d'oiseau!
une astuce pour ls langues d'oiseau ou tlitli
mille félicitations pour ton formidable blog et très longue vie, me concernant la veille de préparer le tlitli, j'enduits mes pâtes d'huile et le lendemain je mets dans le bas de mon couscoussier de l'eau 1 ou 2 feuilles de laurier, du sel que je mets à bouillir, dés ebullition je mets mes tlitlis pendants 5mn ensuite je les égoutte et je les plonge dans de l'eau froide pendant 10mn et je les égoutte, en attendant de préparer la sauce blanche et voili
grrrrrrrrrrrrrrrros bisssssssssssssssssssous
Ca a l'air délicieux !!!
paprikas :
oui c'est ça qui donne en plus de la douceur au plat. J'avais peur que mon plat ne soit pas bien assaisonné mais j'ai été agréablement surprise de voir que le peu d'épices puissent parfumer autant pour ce mode de cuisson.
Timtam:
Oh!! merci beaucoup pour ton commentaire intéressant
eUne préparation des pâtes intéressante, ce sera sans pois chiche pour moi! ;-)
Autre idée
vivant en Tunisie nous faisons également du vermicelle à la vapeur qui est très léger de la meme maniere que les langues d'oiseaux
Bravo pour votre Blog on y pioche toujours de bonnes idées
Toi, tu avais peur que ce ne soit pas assez épicé?? Je te rassure, c'était délicieux, ma parole! Maintenant que grace à toi j'ai une belle collection de mini-pates, je saurai comment les faire cuire ;-))
Comme toujours,tes recettes sont une invitation au voyage...
Merci de nous faire découvrir de tel plat...
bisous
Je connais bien cette petites pâtes en forme d'avoine car j'en ai acheté cette été an Italie, mais j'étais loin de penser qu'elles se cuisinaient aussi en Algérie. Belle préparation en tous cas.
Merci d'être passée sur mon blog, ce qui me permet de découvrir le tien et de voir que j'ai raté beaucoup de choses;;;Vite, je vais me rattrapper.
Ah, j'en ai a la maison des pates langues d'oiseau (c'est joli comme nom) pour mettre dans la chorba. Voila une nouvelle facon de les cuisiner qui m'a l'air bien sympa.
Ah les pâtes algeriennes, c'est une pure merveille !!! J'adore Tlitli surtout en sauce blanche justement :oP ! Tu m'en donnes envie maintenant ...
il est rigolo ce nom de plat :)
merçi pour cette deliçieuse recette vous me donnez vraiment envie c trop bon jen suis sure merci encore et bonne continuation
Rien à ajouter... un post qui allie nourriture du corps et nourriture de l'esprit. On ne peut qu'en sortir grandi!!!
Bizzzz,
Alexandra.
PS: à quand le cassoulet de tortue?
pour avoir fait et gouté ce tlitli je confirme que c'est un régal et en regardant ta photo , j'ai bien envie de remettre mon tablier , de sortir mes casseroles et d'en recuisiner un
Je ne connais pas ce plat mais il a l'air très savoureux, et me tente tout particulièrement!
bonne nuit
voilà une recette de mon pays que j'adore et je viens de l'imprimer et la garder précieusement en plus des langues d'oiseaux j'en ai dans mon placard car j'en achète toujours car ma maman faisait ses soupe avec...ma parole...moi je suis de la bas Alger la blanche ma fille.
et ton poème sur Constantine et bien voilà tu ma fait pleurer je me rappelle mes amies de la bas combien de fois nous avons été sur le pont suspendu pour nous faire peur pendant qu'il faisait du vent car je ne sais pas ci tu le sais mais il bouge que de souvenirs mais comme ils sont beaux merci d'avoir remuer mon couscousier
de gros gros bisou de Michelotte
merci minouchka de faire honneur à autant de cuisines du monde et en particulier à celle de Constantine (ma ville - mon pays). Cette ville a connu tant d'influences à travers les siecles (ottomanes, juives, espagnoles, italiennes et enfin françaises)qu'elle est à elle seule un livre sur l'humanité. Sa cuisine est une des plus reconnue et raffinée d'Algerie. Ma mère en est une exceptionnelle représentante culinaire. Moi j'essaie
Amel
Mille merci
Belle assiette, je suis en larme de nostalgie, de bonheur, en lisant ce beau poeme que t'as patage' avec nous avec beaucoup de generosite' ... merci ma belle , je suis originaire de cette belle ville qui me manque tant ... bises et j'adore ton blog
Coucou :) Cenwen, le retour :) bon accompagnée par mes paquets de kleenex et mes cachets, mais c'est mieux que de ne pas être là:)
Je pense que je vais pas mal l'écrire aujourd'hui, mais rendre visite à mes copinautes m'a terriblement manqué. Je pense que je n'aurai pas le temps de voir tout le monde aujourd'hui, mais je vais reprendre le rythme.^^
Merci pour les jolies recettes que je viens de lire et apprécier:)
Bonne journée:)
Bisous :)
J'adore!!!
Bravo!!C'est l'un de mes mets favoris. Quand ma sœur le prépare je peux me resservir plusieurs fois sans problème.
Merci pour le partage.
Je n'ai pas encore réalisé ce délicieux plat mais ça ne saurait tarder surtout lorsque je vois tes photos !
Ce devait être délicieux, c'est très tentant, il faudra que j'essaie de trouver ces pâtes!
Bises
Un plat délicieux et présentable
Bonjour Minouchkah,
Et dire que quand je suis tombée la première fois sur ton blog il y peu de temps, je pensais que tu étais d'origine indienne!!!
Le plaisir de découvrir que tu étais de notre belle région du Maghreb (algéro-marocaine d'après ce que j'ai comopris) a été grand et je me suis alors dit "Quelle finesse et quelle richesse!!!"
Bref tout cela pour te dire que tu as un très beau blog, plein de belles recettes et on sent ton raffinement à travers tes posts.
Le Tlitli ... Aaaah! le Tlitli, quel plat délicieux! Nous à Béjaïa, on fait d'abord revenir les langues d'oiseau à sec dans un plat en fonte (ou une poêle anti adhésive) sur feu doux afin qu'elles prennent une belle couleur dorée et dégradée. Et une fois le plat préparé, au lieu d'oeufs durs, on le parsème de morceaux d'omelette au persil.
A bientôt.
Merci Dahin pour ton gentil commentaire et suis ravie que mon blog te plaise autant.
Je ne connaissais pas la verson que tu nous décris, ça doit sûrement être bon. Onm'a beaucoup conseillé de faire revenir les langues d'oiseau avant le passage à la vapeur, c'ets ce que je vais essayer de faire la prochaine fois.
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