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J’ai en tête ce goût sucré et amer à la fois, cette saveur douce et fine. Un étrange goût qui ne part pas, ni avec le temps ni en découvrant d’autres goûts. Il persiste étrangement mais délicatement ce goût des souvenirs ! Je ne suis pas du genre à regarder en arrière si ce n’est d’un agréable air nostalgique refusant toute grisaille qui pourrait gâcher ce goût à jamais.  Je ne me refuse pas de regarder le passé, l’album de mon passé, et apercevoir entre ses pages un arc-en-ciel qui adoucit toute trace d’amertume, le passé devient alors un souvenir, un souvenir au goût sucré.

Je me souviens de mon enfance ;  période d’une balançoire au rythme de l’innocence, instants de complicité (et de disputes aussi) avec mes frère et sœurs, câlins protecteurs (parfois trop protecteurs) de mes parents, âge de curiosité, d’aventure et de sérénité. Un souvenir qui me fait sourire et illumine d’un éclat paisible mes yeux parfois fatigués par le présent.
En ce moment je suis d’humeur nostalgique, c’est passager chez moi. Feuiller les chapitres de ma vie m’apporte de la douceur, un certain calme, un peu de retrouvaille avec mon vécu. C’est histoire de garder un regard sur le passé sans oublier que les souvenirs sont comme une montre arrêtée, à un moment donne il ne faut plus se fier à elle !

Mon humeur nostalgique du moment m’emmène dans un salon marocain, des jolis canapés coins, une grande table ronde en bois massif, une famille joyeuse autour d’un grand plat appelé « gassaâ » offrant à nos appétits un délectable couscous à la semoule d’orge. Mon papa réclamait souvent un couscous à ma maman, et nous les enfants appuyions sa demande avec des yeux doux promettant d’être sages. En bonne maman, elle obéissait presque tout le temps en nous offrant une « gasaâ » de coucous à nous faire exploser le bide jusqu’à la prochaine requête. La majorité des familles marocaines préparent le coucous traditionnel le vendredi, jour de la grande prière, et offrent généreusement une part aux mosquées. Ma maman ne faisait pas comme tout le monde, ah non ! Elle confectionnait son couscous « à tomber par terre » le dimanche, anticipant ainsi l’état de notre bide nécessitant une sieste sur le dos ! Comment ne pas garder en tête ce goût de souvenir sucré ?!

Et rien de plus enchantant que cette musicalité du Melhoun Marocain, on se régale! 

Ingrédients pour 4 à 6 personnes
Temps de préparation et de suisson : 2h

1 poulet d'1 kg à 1,5kg
5oo g de semoule d'orge
2 oignons
3 carottes
3 navets
2 courgettes
2 pommes de terre
Quelques haricots verts plats
Une généreuse poignées de pois-chiche trempés la veille
Quelques brins de persil en bouquet
1 piment-poivon très doux
1 c. à café rase de gingembre moulu
1/2 c. à café de poivre noir moulu
1 c. à café de curcuma
1 cube de bouillon de volailles type Knorr
Sel
Huile d'olive et neutre
Smen (beurre ranse marocain), à défaut du beurre salé


Voir la recette du couscous classique à la semoule de blé avec les photos des étapes (clic ici)

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Dans la marmite du couscoussier, mettre un peu d'huile neutre et faire suer les oignons émincés en lamelles. Ajouter le poulet coupé en quatre grands morceaux, le petit bouquet de persil plat et les épices, mélanger et laisser mijoter sans faire colorer le poulet et l'oignon. Arroser d'eau en couvrant le poulet.

Mettre dans un grand saladier la semoule d'orge, ajouter un peu de sel, un peu d'huile d'olive. Mélanger au doigts (et non à la main entière) pour enduire les graines. Arroser de peu d'eau petit à petit tout en mélangent.puis placer dans le haut du couscoussier bien chaud.
Luter les deux parties du couscoussier à l'aide d'un joint (j'en parle ici) ou à défaut à l'aide d'un sachet en plastique roulé ou un torchon.
Vous pouvez soit couvrir le couscous soit le laisser ainsi. Pour ma part je le couvre pour profiter pleinement de la vapeur qui monte. Après 20 minutes de cuisson, retirer la semoule et placer dans un grand plat (généralement on utilise une Gasaâ, un plat en terre). Asperger d'un peu d'eau et mélanger à l'aide d'une cuillère en bois ou vos mains pour aérer les graines. Procédez ainsi 3 fois jusqu'à ce que la semoule soit bien cuite et tendre.
Pendant ce temps, éplucher les légumes, les tailler en deux. Dès que la viande est à moitié fondante et se détache de l'os. Ajouter le navet et la carotte, comptez 15 minutes puis ajouter le reste de légumes, compter un temps de cuisson de 15 minutes. Goûter et rectifier l'assaisonnement.

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Mettre en dôme le coucous dans un grand plat creux. Faire un puits au centre. Arroser tout la semoule d'orge de bouillon, compter environ 3 bonnes louches.
Placer le poulet au centre, décorer de légumes de manière homogène : une carotte, une courgette, une pomme de terre... Terminer par les pois-chiches. Arroser de nouveau de bouillon. Disposer le reste de bouillon dans un bol pour se servir à table.
Servir aussitôt, très chaud. Déguster avec de la Harissa, du lait fermenté ou caillé.

Bon week-end et à Lundi